Dominique Massaut

Je m’en irai bientôt

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Je m’en irai bientôt, Ed. Rafael de Surtis, Cordes-sur-Ciel, 2013. Illustration de Alex Vermaut.

Un récit poétique et anaphorique où le poète, à travers un voyage étrange, flirte avec le fou...

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Articles

Mélanie Godin, in Le Carnet & Les Instants N°178
Sur la route

Je m’en irai bientôt est le titre et l’anaphore du nouveau récit poétique d’une figure emblématique de la scène slam belge, Dominique Massaut. Poète de l’oralité et de la poésie vivante, son texte est un voyage intérieur imaginé à travers une succession de soixante-neuf régions, point de départ Bordeaux, depuis la rue Camille Sauvageau. Dès les premières pages, on découvre la nature de son projet, se débarrasser de l’inutile pour « emporter dans ses mémoires, celle de son cerveau et celle de son corps, toutes ses saletés ». Il commence, comme tout bourlingueur sur le point de larguer les amarres, par remplir sa valise. D’abord la bibliothèque, et le choix presque impossible de l’unique livre qui l’accompagnera. Vient celui plus pragmatique de prendre quelques habits. Il s’en remet seulement à “trois chemises et demie”. Car pour entreprendre ce périple, il a besoin d’être seul, sans rien, de vide et de silence pour écrire en totale liberté : “Quelle que soit la direction que je prendrai, je perdrai la boussole, et gagnerai le crayon”. L’humour du poète est, pour notre plus grand plaisir, toujours aussi mordant. Ses jeux de langue et de bouche rythment le récit et nous emmènent ailleurs : “(…)je baisserai les paupières pour laisser venir à moi les images des villzes, des champostres, forestis, stuppes, désierches, mouërs, banquizz, ocians frémissant sous le doigt”. Sa langue, parfois piquante, donne corps, à partir du “théâtre éculé sous son crâne”, à ses indignations. Sans lourdeur, il dénonce la déshumanisation des villes et l’aveuglement puéril d’aucuns. Surtout, il revendique cette folie créatrice qui l’habite conduisant au “renversement des choses”. Un conseil, laissez la parole du poète traverser vos tempes et fermez les yeux pour plonger dans ce tourbillon géo-poétique à répétitions, le voyage en vaut la chandelle !

Dominique MASSAUT, Je m’en irai bientôt, Cordes sur ciel, Editions Rafael De Surtis, 2013, 61 p., 15 euros

Philippe Leuckx, in Le Journal des poètes N°
POESIE PANORAMA – N°4 de 2013

[...]
Une même volonté d’en découdre avec le réel et la vérité non dissimulée procure à Je m’en irai bientôt de Dominique Massaut (Ed.Rafael de Surtis) un surcroît d’émotion et de densité. Le poète s’y décline comme dans Lymphéas , déroulant ses désirs, ses pierres d’achoppement, ses peines et lourdeurs de corps, dévidant ses silences, dans une langue pure, économe, prose de soi, qui coule, qui force à l’adhésion, sans contrainte, simplement par ses assauts de nudité :
Je sentirai en moi couler, comme lymphe, la nécessité et le plaisir de l’humble.

J’aurai l’impression de me passer du temps.

Au premier dépaysement, je boirai une dernière goutte d’eau fraîche.
Les images sont très belles, denses, nues, nécessaires (Ah ce jus vivifiant, sur fond d’inquiétude, de resserrement des muscles, qui, tout à coup, gonfle une pousse d’air neuf dans le socle de l’œil) et offrent à ce journal de vie et de bord leur poids d’expérience. Partir, vivre, se taire, oser le voyage extrême relèvent d’une thématique de l’errance joyeuse, entre folie, volonté de vivre autre chose, sensation vibratile de tout ce qu’un corps malade peut supporter, vie intense de la langue forgée pour se dire, sans afféterie, sans faux fuyant.
Du récit coule la vie. Des mots une forme d’avenir et d’ailleurs. Un beau livre, poignant et résolu.
[...]

Marie-Clotilde Roose
Toute écriture fait trace, de manière singulière ou collective.

Dominique Massaut vient de publier chez Rafaël de Surtis un recueil en prose, à la fois nostalgique et libérateur, Je m’en irai bientôt, glanant les souvenirs vécus – matière du poème – pour les disperser comme cendres ou graines, au gré du vent. On y entend la voix chaude du poète, slameur et performeur, sa passion pour l’oralité et le partage ouvert, qu’il n’a cessé d’alimenter. « Je m’en irai bientôt », annonce-t-il, « Avant de chanter à nouveau, déjà bien loin du départ, le fou n’aura de goût que pour le souffle, le borborygme. Je dialoguerai avec les pierres. » Là se rassemblent les paysages marchés, la nature humée, touchée, les visages aimés ou haïs, les paroles ensevelies ou rejetées, les silences… « Puis la lune sirotera ce feu, flamme par flamme, et la lune se couchera. Tous me laisseront enfin au noir, au frais, au désert. »

Marie-Clotilde Roose

Jean-Paul Bonjean, La poésie en marche
28 août 2013, 19:42
L’ère n’est plus au temps où l’on naissait Vigny et où l’on mourait Vigny (dans le même temps).

[...]
Ensuite, le MASSAUT abandonne l’assaut des tourbillons hermétiques pour des contours plus classiques (aaaaarghhh !). Le slameur liégeois, déjà parti depuis longtemps, nous met au défi d’un Je m’en irai bientôt. Comme s’il voulait « libérer ses mains », il ressasse ce mantra qui, à force de répétition, nous convainc qu’il y a comme un doute, une hésitation, une duperie peut-être, dans cette affirmation. On ne quitte pas Liège ainsi (ça, c’est moi qui le dis :) ). « Je m’en irai bientôt. Et le temps passera. En moi. Dans l’autre. Et, l’un dans l’autre, j’aurai l’impression de me passer du temps. » On ne le soupçonnait pas être dur à l’amour comme on peut être dur à la tâche, mais c’est bien d’un hymne à l’amour qu’il s’agit. On ne sait toutefois pas si sa besogne le travaille en ville ou en œil. Il nous promet de se taire et de manger peu. On doute fort du second, on redoute le premier. [...]

Jean-Paul Bonjean


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