dominique massaut, au cours d’une journée, tente de toucher à la poésie le plus souvent possible. Mais il n’y arrive pas. Alors il essaie encore. Au plus anodin de ses gestes ou de ses pas , dans l’entretien de sa perméabilité, dans ses transformations, ou la fabrication incessante de son squelette, dans son appréhension du monde et, parfois même, dans l’écriture. Mais il n’y arrive pas. Alors il essaie encore. Il attrape un vol d’oiseau, le prend dans sa main, le lâche, le rappelle, en fait un orchestre gastronomique et le met en bouche. Ça a le goût du kig ha farz ou d’une choucroute de la mer. Et il se met à composer un concerto pour caille et mouettes. Mais il n’y arrive pas. Alors il essaie encore, attrape un chausson de bois, tire la raffinette et taille, taille, taille, pour y graver cette histoire. Mais il n’y arrive pas et recommence, et chante quelques mots. Il aime l’oralité. Ainsi que diverses espèces de silences (surtout celui d’un poulailler virtuel sarkozyen quand le curseur est descendu à zéro). Il aime encore se livrer au lien, et il se livre au lien, à toutes sortes de liens. Il aime contempler, s’arrêter, écouter, s’arrêter, déguster, voyager (au dedans ou au dehors), s’arrêter, se taire, s’arrêter, faire, s’arrêter, essayer, essayer encore...
EDITIONS L’ARBRE A PAROLES, AMAY, BELGIQUE, 2008.
15 novembre 08 à 20h à la Casa Nicaragua, 23 rue Pierreuse, à Liège